Water & Environmental Sanitation for West Africa



 



 
"Projet pilote sous régional

Vers un Fleuve Sénégal Plus Sain’ (VFSPS)"



Appui à l’approvisionnement en eau potable, à l’assainissement et à la promotion de l’Education à la santé, à l’approche participative de l’Education à l’Hygiène et à l’Assainissement en Milieu Scolaire dans les communes de Kaédi (Mauritanie), Matam (Sénégal)et de Kayes (Mali) villes située dans la Vallée du Fleuve Sénégal

 
 
 
 
Localisation des projets: Bassin du Fleuve Sénégal

Afrique de l’Ouest (Mali, Mauritanie et Sénégal)

Villes: Kaédi, Kayes et Matam



Présenté par  WESWA, OMVS et Enda Rup

Sénégal



 

VERS UN FLEUVE SENEGAL PLUS SAIN



Pays:

  • République Islamique de Mauritanie,

  • République du Mali,

  • République du Sénégal,


    Région(s):

  • Région de Matam (Sénégal)

  • Région de Kayes (Mali)

  • Région de Gorgol (Mauritanie)

 
 

1. Résumé de l’action:


L’objectif principal du projet est de promouvoir l’amélioration du cadre de vie des ménages par une maîtrise de la gestion intégrée de l’approvisionnement en eau potable et des eaux usées dans la vallée du Fleuve Sénégal, de faciliter la gestion de l’information et de la connaissance et d’aider au renforcement de la paix encore fragile dans cette sous région.

En Mauritanie, au Mali et au Sénégal les politiques globales de développement sont définies à travers des documents de plan d’orientation axés sur la recherche d’une «croissance forte et durable, la réduction de la pauvreté et la bonne gouvernance». Elles s’inscrivent dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à travers des stratégies nationales de réduction de la pauvreté et des plans unifiés d’intervention pour l’accès à l’eau , l’assainissement et l’éducation à l’hygiène et à la santé.

La stratégie repose sur la promotion et la vulgarisation des systèmes durables d’adduction d’eau potable, la mise en place des systèmes de récupération des eaux pluviales notamment les impluviums et les systèmes d’assainissement autonome et semi collectif à faible coût en Afrique, à l’image des expériences développées par Enda Rup.


2. Pertinence:


Les populations de Kaédi en République Islamique de Mauritanie, de Kayes au Mali et à Matam au Sénégal souffrent d’une grave pénurie d’eau potable, et d’un manque d’accès aux infrastructures d’assainissement et de sanitaires adéquats. La recrudescence de certaines maladies hydriques humaines endémiques (Paludisme, bilharziose intestinale, bilharziose urinaire, diarrhées) et le risque de propagation d’épidémies de maladies hydriques (fièvre jaune, choléra, poliomyélite, shigellose) ainsi que les risques de maladies par contamination chimiques (mortalité infantile, malformations congénitales, interruptions de grossesse) sont parmi les problématiques environnementales dont souffre la population de la vallée du Fleuve Sénégal. Le nombre de décès dus aux maladies hydriques est alarmant, surtout chez les enfants de moins de cinq (5) ans.

Deux décennies de sécheresse caractérisées par une quasi-disparition du couvert végétal et une raréfaction des ressources hydriques (nappes superficielles et eau de surface), ont mis à genoux les populations du monde rural des trois pays et les ont poussé à se rapprocher du Fleuve Sénégal. Cette massive migration a augmenté considérablement le nombre des usagers du Fleuve Sénégal et en a aussi accentué la pollution.. Parmi les conséquences pénibles de cette sécheresse figurent : la chute des rendements des cultures; la réduction considérable du cheptel ; la malnutrition et ses corollaires; les difficultés d'accès à l'eau potable; l'absence d'un système d'assainissement approprié, l’exode rural l’augmentation des maladies, l’immigration, etc.

La réduction dramatique du débit d’eau du Fleuve a contribué à l’augmentation des maladies hydriques comme le choléra et la bilharziose. L’eau presque stagnante est devenue un site de reproduction des moustiques causant ainsi la prolifération alarmante des cas de paludisme dans la région. L’autre aspect non moins négligeable et qui n’a pas été pris en compte, est le besoin de changement des comportements traditionnels à l’égard de la gestion des eaux usées, des ordures ménagères et des déchets biomédicaux. Ces déchets sont purement et simplement déchargés dans le Fleuve, créant une pollution à grande échelle.

Plus de 3.5 millions personnes emploient l'eau non traitée du fleuve pour leur usage domestique (l'eau de boisson, de cuisson et autres). Une minorité de la population emploie les puisards, très peu sont connectés au système moderne de distribution d’eau. Les nappes d'eau souterraines sont en danger de contamination par le fleuve pollué.


Néanmoins, il convient de saluer l’attitude positive de certaines populations qui consiste à une prise de conscience de la dégradation des conditions de santé.

Les populations sont entrain de prendre des initiatives en vue d’améliorer cette situation, il va sans dire qu’il faut une coordination adéquate de ces initiatives.


Dans le cadre de l’assainissement liquide nous devons éviter de commettre les mêmes erreurs des programmes précédents qui avaient adopté des systèmes de gestion et de technologies conventionnels qui se sont révélés inadaptés et très coûteux pour des communautés pauvres et marginalisées, n'ayant pas la capacité de payer ces services. Ainsi, pour la réalisation des OMD, il est nécessaire de développer des systèmes d’assainissement durables et novateurs qui ont montré leur efficacité tels que les systèmes autonomes et semi collectifs à faible coût. En effet, dans les zones du projet (Matam, Kaédi et Kayes) les volumes d’eaux usées ménagères atteignent des quantités notoires de sorte que la mise en place de systèmes adéquats d’évacuation s’imposent, pour arrêter l’utilisation du Fleuve et des ruelles des villes comme dépotoirs et déversoirs sauvages.

Ces actions intégrées qui s’inscrivent dans le cadre du plan unifié d’intervention pour l’accès à l’eau , l’assainissement et l’éducation à l’hygiène et à la santé vont contribuer à atteindre les OMD. Elles s’adaptent également au contexte socioculturel et financier des populations tout en promouvant des approches participatives, une bonne gestion de l’information et de la connaissance des options technologiques efficaces et évolutives dans le temps et dans l’espace.


Outre les innovations technologiques, les mécanismes mis en place, assureront la pérennité des actions entreprises et la responsabilité des acteurs à la base. En effet, la mise en place de fonds de garanti pour faciliter l’accès au crédit eau et assainissement au niveau des structures de financement décentralisées et d’un fonds communautaire pour l’assainissement des quartiers urbains pauvres sont autant d’innovations susceptibles de servir de modèles ailleurs dans le cadre de l’action proposée. A cela, s’ajoute la vente de l’eau potable dans les maisons, des produits dérivés du traitement des eaux usées, l’entretien des points d’eau, des réseaux et des stations d’épuration des eaux usées par les GIE permettant aux jeunes de s’adonner à des activités génératrices de revenus, diminuant ainsi leur oisiveté. A cela, s’ajoute la mise en place d’un cadre de concertation, d’un comité de gestion qui permettront de veiller à la bonne mise en œuvre des activités identifiées dans le projet.

La prise en compte de l’aspect genre se fera sentir à travers le rôle central que les femmes joueront dans toutes les étapes du projet.


Les actions à entreprendre dans le cadre du projet correspondent à une logique d’ensemble et forment un système intégré. Elles sont la mise en œuvre concrète d’une vision globale et intégrée d’une gestion urbaine semi urbaine, qui ne peut pas s’appréhender sans regarder l’ensemble des actions qui seront entreprises. En plus de la valeur ajoutée sous régionale qu’apporte le projet, il entraînera la création d’emplois et l’éradication de l’insalubrité. Le projet aura non seulement des impacts en terme d’amélioration des conditions de vie, de diminution des maladies; mais également de changement de comportement et de renforcer la prévention de conflits.

Raisons de la sélection des groupes et activités cibles,

Les villes ciblées ont été choisies par ce qu’elles connaissent de sérieux problèmes de manque d’eau potable et d’assainissement. La densité de la population des quartiers pauvres ne cesse d’augmenter alors que les habitants ne parviennent pas à construire des ouvrages d’assainissement utilisables sur toute l’année sans risque de contamination de la nappe phréatique et les eaux du Fleuve Sénégal. Par ailleurs, le projet va compléter les activités d’assainissement que les sociétés concessionnaires entreprennent dans les différentes villes



Les résultats attendus de ce projet auront des impacts d’ordre économique, sanitaire et sociopolitique:

- Impacts économiques:

En plus de la valeur ajoutée nationale qu’apporte le projet, il entraînera la création d’emplois générateurs de revenus et ce grâce à la combinaison de multiples facettes du processusà savoir la construction des ouvrages permet à la main-d’œuvre locale non spécialisée de trouver du travail. Environ 280 personnes travailleront et gagnerons ainsi leur vie. Le salaire minimum sur chantier sera égal à 60 Euros par ouvrier et par mois. Les ouvrages de valorisation des EU, de stockage des impluviums et d’exploitation des points d’eau des seront gérés par des jeunes, hommes et femmes. Leur position leur permettra de profiter d’avantages comparatifs importants: eau gratuite, accès aux crédits, fonds de roulement offert par le projet, position géographique privilégiée (production en pleine ville, proche des consommateurs, etc.).

- Impacts sanitaires

Le premier impact est l’éradication de l’insalubrité. Elle aura non seulement des impacts en terme d’amélioration des conditions de vie, mais aussi en terme de diminution des maladies. En effet, le projet soulève la problématique du triptyque santé-habitat-environnement.

- Impacts socio-politiques

Le projet induit progressivement un changement de comportement. Dans les villes où Enda Rup est déjà intervenu, il est indubitable que les comportements ont commencé à changer.Les citoyens prennent de plus en plus conscience de la gravité de certains comportements tels que jeter les eaux usées dans des dépôts sauvages d’ordures ménagères et dans les rues entre les maisons, ou encore d’aller déféquer sur la place et dans des terrains vagues. Ces comportements ne sont pas encore tous éradiqués, bien sûr, mais la tendance commence à se renverser. Mais surtout on note une volonté de s’organiser et on trouve de plus en plus de citoyens responsables qui ont une conscience claire du bien de la communauté et qui gardent un œil vigilant sur les agissements de leurs voisins, ne craignant pas de les réprimander le cas échéant. La présence des toilettes et ouvrages de collecte des eaux usées en quantité suffisante et à proximité atténuera les risques liés à la promiscuité, notamment la contamination au VIH/SIDA.De nombreux artisans et techniciens locaux vont recevoir une formation en technologie d’assainissement et en gestion de GIE. Ils pourront ensuite gérer des chantiers pour ceux qui n’auront pas profité du projet, réaliser des revenus et former de nouveaux artisans

L'efficacité et la pérennité des systèmes d’adduction d’eau et d'assainissement nécessitent l'adhésion et l'implication des ménages à toutes les phases des projets. Leur volonté à participer est réelle et mesurable. Cependant, ces derniers se sentent souvent mis à l'écart lors de la formulation des priorités, l'étude, la mise en œuvre et l'exploitation des systèmes dont ils sont pourtant les bénéficiaires. Cette situation est, selon eux, à l'origine de leur désintéressement. Les alliances d’apprentissages sont perçues comme primordiale dans le programme PADE pour achever les objectifs du programme et permettre une durabilité à l’initiative.

Une approche pour l’intégration aux dynamiques locales et au contexte est primordiale. C'est pourquoi nous avons dressé un cadre clair et concis d'intervention intégrée afin d’éviter la future répétition des erreurs déjà identifiées dans le secteur de l’eau et l’assainissement. Le modèle de réalisation mis en place par PADE est basé sur trois concepts: Assurer la transparence des processus administratifs; implémenter des infrastructures et de maintenance par le comité de gestion et les comités techniques. La technologie de l’infrastructure doit être adaptée aux compétences locales et surtout analysée précisément par la population à qui on présente les différentes options technologiques et les coûts d’opération et de maintenance par rapport aux fournisseurs de matériels disponibles dans le pays; cadrer la participation communautaire dans le processus de construction de leur infrastructure par le biais d’outils participatifs (localisation de l’infrastructure).

Cette action consiste donc dans la mise en place de systèmes d’assainissement innovants dans les quartiers pauvres du Sénégal afin d’améliorer les conditions de vie des quartiers défavorisés et qui pourront réutiliser une ressource pour les activités agricoles urbaines . Elle permet de définir les rôles et les responsabilités des parties prenantes, de développer des alliances et des partenariats entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile, de procéder à la régulation du secteur pour une équité du service, de prendre en compte les aspects environnementaux dans la mise en œuvre des stratégies et programmes, et surtout ad'méliorer l’accès des services aux pauvres, y compris la prise en compte des questions transversales tel que le genre en allégeant le fardeau des femmes.

L’intégration de l’éducation à l’hygiène et à l’assainissement en milieu scolaire (Méthode Enfant-A-Enfant) va permettre aux enfants d’acquérir des réflexes pour les bonnes pratiques d’hygiène environnementale qui pourrait influencer positivement sa famille et la communauté.

 


Liste des groupes cibles et nombre estimé de bénéficiaires directs et indirects,

Pour l’assainissement

 

Localité

Assainissement autonome

Assainissement semi collectif

Total bénéficiaires directs

Infrastructures

Bénéficiaires

Infrastructures

Bénéficiaires

Kaédi

500

6000

450

5400

11400

Kayes

700

8400

250

3000

11400

Matam

300

3600

150

1800

5400

Total

1500

18000

850

10200

28200



Pour le branchement à l’eau potable

Localité

Branchements sociaux dans les concessions

Branchements sociaux dans les écoles

Impluviums

Points d'eau public

Total bénéficiaires directs

 

Infrastructures

Bénéficiaires

Infrastructures

Bénéficiaires

Infrastructures

Bénéficiaires

Infrastructures

Bénéficiaires

 

Kaédi

1000

12000

10

120

10

7980

25

11250

31230

Kayes

2000

24000

10

120

10

7980

25

11250

43230

Matam

500

6000

10

120

10

7980

25

11250

25230

Total

3500

42000

30

360

30

23940

75

33750

99690














Ce projet marqua le début d’un processus pour récupérer le Fleuve Sénégal, améliorer considérablement la santé et le cadre de vie des 3.5 millions de personnes qui vivent dans le bassin du Fleuve Sénégal.

Il constitue un modèle réplicable dans d’autres basins de Fleuves et surtout il participe au renforcement de la prévention des conflits dans la sous région.


 
 
 
Ce projet est aujourd'hui suivi par l'OMVS, 
 
l'Organisation pour la Mise en Valeur  du fleuve Sénégal.
 
Portail de l'OMVS
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dans ce projet, l'accent a été mis sur la méthode participative et la durabilité de l'action sera assurée par une action d'apprentissage de l'hygiène à l'école dans le volet "Enfant-A-Enfant" Cette approche a été conçue par un groupe de professionnels issus des secteurs de la santé et de l'éducation dans le cadre de l'Année internationale des enfants en 1979. Son but principal est d'améliorer la santé des enfants et réduire la mortalité par l'implantation de pratiques sanitaires positives chez ces derniers. Basée sur des méthodes d'apprentissage pratiques, l'approche est maintenant intégrée à divers programmes dans plus de 90 pays. Certains de ces programmes sont formellement implantés dans des écoles alors que d'autres s'inscrivent dans des initiatives à caractère communautaire et font appel à la participation directe des enfants dans les quartiers pauvres.

L'approche vise deux objectifs principaux :

  • aider à développer les connaissances et les compétences des enfants en matière de santé et d'hygiène par des apprentissages pratiques et transférables à la vie de tous les jours;
  • aider les enfants à devenir des agents de changement dans leur environnement immédiat (par de saines pratiques sanitaires, participation à des programmes de plantation d'arbres, etc.), avec les autres enfants (saines pratiques sanitaires avec les plus jeunes, etc.), avec leur famille (en partageant leurs connaissances avec leurs parents, etc.) et dans leur communauté ( par la participation à des pièces de théâtre, des campagnes de vaccination, etc.).
 
 
 
 
Dans le cadre de notre projet VFSPS (extrait de la présentation Projet pilote sous régional VFSPS)


Les problèmes d’assainissement affectent plus les femmes que les hommes. En effet, dans les ménages africains qui n’ont pas accès aux ouvrages d’assainissement, la femme et l’enfant sont responsables de l’évacuation des eaux usées ménagères. Les femmes s’occupent également du nettoiement des ouvrages individuels et apprennent aux enfants comment utiliser les toilettes. Néanmoins, la prise de décisions quant à l’emplacement des ouvrages dans la maison, le paiement des prestations liées à l’assainissement est du ressort du chef de ménage.


Compte tenu de tous ces rôles que joue la femme et des contraintes socio-économiques auxquelles elle est confrontée, Enda Rup et WESWA ont pris des dispositions innovantes pour mieux impliquer les femmes dans le processus de réalisation du projet d’assainissement dans le projet. Le projet comportera 3 phases :

        • Hard :

        •    Construction de systèmes d’adduction d’eau potable, d’assainissement autonomes, et semi collectifs, des stations de traitement des eaux usées, qui respectent les normes en travaux et marchés publics, de systèmes de collecte des récupération des eaux pluviales (impluviums)

    •    Sous-traitance avec des entreprises locales ou tacherons utilisant la main d’œuvre locale

  • Soft :

  •    Mesures d’accompagnement (information/formation, sensibilisation et communication, animation, sensibilisation, mobilisation sociale, éducation à l’hygiène et une utilisation rationnelle de l’eau potable)

  •    Confection des outils pédagogiques pour la méthode participative ‘’ Enfant-A-Enfant ‘’ (éducation d’hygiène et d’assainissement en milieu scolaire)

  •    Utilisation de supports didactiques liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, tels que les outils PHAST, etc…
  •    Renforcement de curricula des enseignants sur la méthode participative pour Enfant-A-Enfant (éducation d’hygiène et d’assainissement en milieu scolaire
  •    Insertion dans le système éducatif formel et non formel d’éducation a l’eau
  •    Enfant-A-Enfant (éducation d’hygiène et d’assainissement en milieu scolaire)
  • Plaidoyer :
  •    Organisation de fora (locaux, régionaux et nationaux)
  •    Rencontres et échanges avec les communautés de base (locaux, régionaux et nationaux)
  •    Restitution au niveau des autorités locales et nationales et en milieu éducatif et associatif (locaux, régionaux et nationaux)